Notre analyse du tract : Avec vous pour AULNAT. Liste d'Alain FAGONT !

Notre analyse porte sur le tract de la liste [AVEC VOUS POUR AULNAT], menée par Alain FAGONT. Le contexte est singulier : une rupture nette au sein de la majorité sortante (13 élus dont 6 adjoints quittant la Maire Christine Mandon), ce qui place cette liste dans une position hybride, entre continuité de gestion et volonté de rupture démocratique.


 

1. La cohérence entre le discours et le programme

Un paradoxe fondateur

Alain FAGONT annonce vouloir ne pas décider seul pour les 27 élus — c’est le cœur de sa rupture avec Christine  MANDON. Or le tract s’ouvre sur une phrase courageuse mais risquée et à double tranchant :

« Nous avons fait le choix de ne pas arrêter une liste définitive de projets »

C’est cohérent avec la philosophie participative, mais politiquement vulnérable : un électeur qui cherche à savoir concrètement ce que cette liste va faire pour AULNAT repart les mains vides.

L’intention : Répondre à la crise de la représentativité. En disant « nous n’avons pas arrêté de liste définitive », Alain FAGONT tente de transformer son statut de « dissident » en celui de « facilitateur de démocratie ». 

On peut facilement retourner leur argument : « La liste [Avec vous pour AULNAT] n’a pas de programme ».

Pour l’électeur AULNATOIS cela peut être interprété comme un manque de vision ou de préparation. L’absence de projets « phares » (un nouveau bâtiment, une rénovation précise) peut donner l’impression d’un flou programmatique.

« Co-construire avec les AULNATOIS, soit — mais cela suppose une confiance préalable que treize élus sortants d’une majorité fracturée ne peuvent pas simplement décréter. »


2. Analyse thématique

Ce qui est solide

Enfance / Jeunesse Les propositions sont concrètes et ancrées dans le quotidien : maintien des intervenants municipaux, RPE, CMJ. Ce sont des engagements de conservation plus que d’innovation, ce qui est défendable dans une ville de taille modeste où la stabilité des services compte.

Les propositions restent très institutionnelles (« maintenir », « soutenir », « réfléchir »)

Le ciblage par tranches d’âge (11-14 ans, 14-17 ans) montre une vraie réflexion sur les angles morts habituels des politiques jeunesse.

Politique sociale C’est le volet le plus développé et le plus structuré. Le « guichet unique », l’approche « aller-vers », les échanges intergénérationnels — ce sont des notions issues du travail social sérieux. La mention du CCAS co-construit avec les citoyens est cohérente avec l’axe participatif. C’est probablement le point fort du programme.L’idée du guichet unique de proximité est une réponse concrète à la dématérialisation galopante qui exclut les plus fragiles. L’accent mis sur « l’aller-vers » pour lutter contre l’isolement montre une sensibilité sociale réelle.

Communication Reconnaître explicitement que la communication municipale est défaillante (sous-entendu sous Mandon) est un acte politique clair.

La promesse d’une communication multicanale est pertinente pour une commune mixte socialement.


⚠️ Ce qui est flou ou insuffisant

Sécurité Ce volet est symptomatique du problème général du tract : beaucoup de verbes MOUS.

 

« Réfléchir ensemble à l’éclairage », « rester vigilant aux abords des écoles », « retravailler les points stratégiques »

Ces formulations ne s’engagent sur rien.

La vidéoprotection est mentionnée mais est-ce dans la continuité du réseau existant, une refonte globale. Ils ne nous disent rien sur un éventuel projet de fusion avec Clermont-Métropole.  Pour un sujet aussi sensible dans l’opinion publique, c’est insuffisant.

Santé Une seule phrase : « Conserver et défendre nos services de santé ». Dans un contexte de désertification médicale qui touche toute la périphérie clermontoise, c’est la proposition la plus faible du document. Aucune mention de maison de santé, de partenariat avec la Métropole. C’est un angle mort préoccupant.

Urbanisme « Redynamiser le centre-bourg » sans dire comment — ni levier financier, ni outil réglementaire (PLU, droit de préemption…), ni partenaire identifié — ressemble à un vœu pieux. Eux-aussi, ne nous parlent pas de l’opération déjà engagée et votée en Conseil  Municipal du 15 décembre 2025 sur l’achat du café jusqu’au bar à chicha pour la construction d’un immeuble. Pourtant les transactions ont déjà commencé ! Chut ! personne n’en parle …les Aulnatois ne doivent pas savoir !

« Lutter contre l’habitat indigne » est une formule sérieuse mais qui demande des précisions : combien de logements sont concernés ? Quelle est la situation réelle du parc ?

Environnement : Le discours est volontairement global (« réflexion globale sur les bâtiments »). L’évocation des « îlots de fraîcheur » est devenue un standard, mais le tract reste vague sur la transition énergétique concrète de la commune.

Développement durable Très en retrait par rapport aux attentes actuelles. Les « îlots de fraîcheur » sont une bonne idée mais formulés timidement (« réfléchir à »). Ils n’ont pas tenu compte de notre proposition sur  l’emplacement de l’école Vercruysse où nous souhaitions placer un grand parc arboré et végétalisé pour lutter contre le réchauffement climatique et embellir notre commune. 

Aucune mention de mobilité douce, de végétalisation, d’énergie, de gestion des déchets au-delà des incivilités canines. Pour une commune en périphérie d’une métropole qui se veut verte, c’est léger.

Finances Correct dans sa sobriété — maîtrise des dépenses de fonctionnement + chasse aux subventions — mais banal.

Toutes les listes disent cela.

La gestion en « Bon Père de Famille »

La formule « Maîtriser le fonctionnement pour dégager de l’investissement » est le mantra classique des municipalités.

  • L’intention : Rassurer sur le sérieux budgétaire malgré la scission de la majorité.

  • Critique : La recherche de subventions est présentée comme une stratégie, alors que c’est une obligation de gestion quotidienne pour toute commune aujourd’hui. Il n’y a pas d’engagement sur la fiscalité locale (hausse ou maintien des taux), ce qui est souvent le premier point regardé par les électeurs.

Il manque une vision : quel niveau d’endettement ? Quel taux d’épargne brute ? Quelle priorité d’investissement si les subventions ne viennent pas ?


3. Les vrais risques politiques de cette liste

Le risque de l’indéfinition

Ne pas avoir de liste de projets peut se lire positivement (humilité, démocratie participative) ou négativement (absence de vision, incapacité à trancher).

[AULNAT partageons  demain] ==>liste de Christine MANDON a des intentions plus détaillées, le contraste peut jouer contre la liste d’Alain FAGONT [Avec vous pour AULNAT] auprès des électeurs qui veulent du concret.

Le risque de la légitimité de la rupture

13 élus qui quittent la majorité, c’est fort symboliquement. Mais on se pose la question : pourquoi maintenant ?

Qu’est-ce qui s’est passé ?

Le tract n’y répond pas. Ils nous ont dit  que  leur rupture est due à la [FORME] mais au [FOND des décisions prises]===>Ca craint !

Puisque cette rupture n’est pas narrativement expliquée, elle peut être perçue comme une querelle d’élus plutôt que comme un projet politique.

Le risque de la promesse participative

Ouvrir les commissions aux habitants, organiser des réunions publiques — c’est bien. Mais si dans 6 mois les réunions ne sont pas tenues, ou si elles tournent en chambre d’enregistrement des décisions déjà prises, la déception sera proportionnelle à la promesse. C’est un engagement à double tranchant.

En clair, Le plus gros risque pour eux est d’être perçus comme des « frondeurs » qui critiquent un système qu’ils ont eux-mêmes alimenté.

 


4. Ce qui manque notablement

  • L’emploi local et l’attractivité économique : AULNAT est une commune avec une zone d’activité significative (proximité aéroport, zone industrielle). Rien là-dessus.
  • Le logement social : mentionné indirectement via le guichet unique mais jamais traité comme enjeu propre.
  • La relation avec la Métropole Clermont Auvergne : dans une commune de cette taille, la quasi-totalité des grands sujets (voirie, transports, eau, déchets) est métropolitaine.
  • Le tract effleure ce point sans en faire un axe stratégique. De plus,  les élu-es – métropolitains ne nous ont JAMAIS fait part de leur vote sur les grands sujets de la métropole. ABERRANT !
  • Le numérique et les services en ligne : une seule mention dans le volet social.

Notre conclusion

Ce tract est honnête dans ses intentions, cohérent dans sa philosophie, mais inachevé dans son contenu.

Il ressemble davantage à une déclaration d’intentions qu’à un programme municipal.

Pour une liste portée par un 1er adjoint sortant — quelqu’un qui connaît les dossiers — cette discrétion programmatique est un choix assumé mais risqué.

Le pari d’Alain FAGONT c’est que la confiance précède le contenu.

Que les AULNATOIS lui font confiance sur sa compétence acquise, et qu’ils adhèrent à une méthode avant d’adhérer à des projets.

C’est un pari politique lisible — mais il n’est gagnant que si la campagne est portée par une vraie énergie de terrain, des rencontres réelles, et une capacité à expliquer pourquoi cette rupture avec Christine MANDON était nécessaire.

 

La liste [AVEC VOUS POUR AULNAT] emmenée par Alain FAGONT dit aux AULNATOIS :

« Donnez-nous votre chèque en blanc… et après, on vous consultera ! »

 

L’ironie au cœur du dispositif

Alain FAGONT fait de la participation citoyenne son argument de rupture avec Christine MANDON.

Mais la séquence réelle qu’il propose est :

  1. Votez pour nous ✅
  2. Nous sommes élus ✅
  3. Maintenant on vous consulte… 🤔

La consultation arrive après le pouvoir, jamais avant.

Ce n’est pas de la démocratie participative. C’est de la démocratie consultative post-électorale — une forme bien connue qui consiste à demander l’avis des gens sur des décisions souvent déjà orientées.


Le chèque en blanc, c’est exactement ça

Un chèque en blanc, par définition :

  • Le montant n’est pas fixé → pas de programme défini
  • Le bénéficiaire décide seul de ce qu’il prend → les élus décideront des priorités
  • Le signataire n’a plus aucun recours → le vote est donné, le mandat est de 6 ans

Et la promesse de consultation ne figure dans aucun texte contraignant. Rien n’oblige légalement un conseil municipal à tenir des réunions publiques, ni à suivre leur résultat.


Sur la participation citoyenne réelle.

Ce qu’ils proposent, c’est UN SIMULACRE poli.

Notre tract :

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