
🔍 Décryptage : « AULNAT Partageons Demain » – Entre continuité et zones d’ombre !
La liste menée par Christine Mandon vient de dévoiler ses orientations pour le mandat 2026-2032.
Chez Aulnat-Évolution, nous avons passé ce document au crible.
S’agit-il d’un programme (des engagements précis, datés et chiffrés) ou d’un catalogue d’intentions (des souhaits qui n’engagent que ceux qui y croient) ?
Ce qu’il faut retenir de leur projet :
Un ancrage social fort : L’équipe sortante mise sur ses acquis (écoles, seniors, CCAS) avec des mesures concrètes qui parlent au quotidien des familles.
Le virage de la « concertation » : Urbanisme, culture, cadre de vie… Presque chaque projet majeur est renvoyé à une « réflexion » ou une « concertation ».
Est-ce une volonté de co-construction ou une manière de tester l’opinion avant de s’engager ?
La sécurité en mouvement : L’arrivée d’une brigade VTT et de médiateurs estivaux marque une volonté de répondre aux incivilités, mais l’efficacité dépendra des moyens humains réellement alloués.
Le défi de l’eau : Face aux risques d’inondation, la liste se place en « vigie » face à la Métropole. Une posture protectrice, mais qui rappelle aussi les limites du pouvoir municipal sur ce dossier crucial pour AULNAT.
❓ Les questions que nous nous posons :
Tout projet a un coût. Entre la création d’un nouvel espace culturel, la forêt urbaine et la rénovation énergétique des bâtiments, quelle sera la priorité budgétaire ? Comment financer ces ambitions sans peser davantage sur la fiscalité locale ?
Notre analyse complète : Découvrez ci-dessous notre grille de lecture détaillée, thématique par thématique, pour préparer vos échanges lors des prochaines réunions de quartier.
- Leur tract mélange déjà les deux registres.
Des engagements précis et vérifiables coexistent avec des formulations volontairement vagues.
Par exemple, « offrir des accueils de loisirs de qualité » ou « proposer des repas de qualité » sont des intentions plus que des engagements programmatiques — aucun indicateur, aucun calendrier, aucun budget n’est mentionné.
L’expression « Nous poursuivrons une politique ambitieuse » est typique du discours : elle valorise sans contraindre.
La référence à des partenaires (UNICEF, faculté de médecine, Secours Populaire) donne une légitimité institutionnelle au propos, mais sans préciser la nature ni le niveau des engagements réels de ces partenaires.
Notre analyse :
1. Entre ambition affichée et flou opérationnel
« C’est le décalage le plus frappant du document. Le programme regorge de verbes d’intention sans engagement mesurable : « développer », « renforcer », « poursuivre », « favoriser », « inciter »… Ces formulations relèvent davantage du voeu programmatique que de l’engagement concret et vérifiable. »
Leur équipe ne veut pas imposer de grands gestes architecturaux.
Elle propose une « intention de co-construction ». C’est habile politiquement, mais cela laisse un flou sur le résultat final et le calendrier.
2. Entre concertation et décision déjà prise
Le programme mentionne la concertation citoyenne à de nombreuses reprises (Place du Fort, aménagements de places, logements Chapelles et Pré-Filliat, nouvel espace culturel…).
Mais dans le même temps, certains projets semblent déjà actés dans leur principe — comme la « création d’un nouvel espace culturel jouxtant le square Hessel » ou la « forêt urbaine près de la halte-gare ».
« La concertation annoncée risque donc d’être consultative plutôt que décisionnelle.«
3. Entre maîtrise des finances et liste de projets très chargée
La section Finances affiche une rigueur budgétaire avec « des dépenses utiles et ciblées » et « une recherche systématique de subventions ». Pourtant, leurs intentions accumulent un nombre considérable de projets nouveaux : festival des cultures urbaines, nouvel espace culturel, forêt urbaine, promenade arborée, réaménagement de plusieurs places, rénovation de l’église, comité de jumelage, nouvelles commissions extra-municipales… « Le déséquilibre entre ambition et contrainte budgétaire n’est jamais explicité dans le texte. »
4. Entre lutte contre l’isolement et multiplication des dispositifs
Leurs intentions ciblent à la fois les seniors isolés, les adolescents en difficulté, les familles en décrochage scolaire, et les habitants seuls via les « voisins vigilants ».
C’est louable, mais la multiplication de dispositifs parallèles (lieu d’écoute ados, CCAS, accompagnement PIXELS, jardiniers volontaires, Secours Populaire…) sans coordination explicite entre eux peut produire l’effet inverse : éparpillement des moyens et invisibilité pour les publics cibles.
5. Une tension sur le commerce révélatrice
La formulation « lutter contre l’installation de commerces susceptibles de créer des tensions sociales » est la plus politiquement chargée du programme.En fait, ils parlent « du bar à chicha » !
Elle ne dit pas quels types de commerces sont visés, ni selon quels critères.
C’est une intention déclarée implicite — compréhensible pour les habitants qui savent de quoi il s’agit « Bar à chicha » — mais qui reste délibérément non écrite dans sa réalité.
C’est un exemple typique de ce que le programme DIT SANS DIRE surtout que la décision a déjà été prise en décembre 2025 en Conseil Municipal et que les transactions ont commencées avec les commerçants. C’est donc « trompé » les Aulnatois.
L’engagement sur le site Bourdon (situé sur Clermont-Ferrand, donc hors du territoire communal d’Aulnat) se limite à « militer » et à « dialoguer ». La commune reconnaît implicitement qu’elle n’a pas de levier direct, ce qui transforme cet engagement en voeux pieux plutôt qu’en projet concret.
6. Le site Bourdon : vigilance ou impuissance ?
« Ces intentions oscillent structurellement entre des engagements précis et vérifiables (ATSEM par classe, brigade VTT, extension vidéoprotection) et des intentions déclarées habillées en projets. Ce n’est donc pas une révolution, mais une adaptation.
C’est là que réside son principal angle mort. »
En résumé,
Ce que cela nous dit politiquement
C’est un choix stratégique assumé.
En fusionnant les deux documents [PROGRAMME] et [INTENTIONS] en un seul, la liste évite toute contradiction possible entre promesses orales et engagements écrits. C ‘est un mélange de CONTINUITE et de CONCERTATION.
Tout est dans le tract, rien n’est laissé au hasard des déclarations spontanées.
C’est une posture de prudence politique.
Mais cela a un coût.
Sans discours de campagne distincts, sans débat contradictoire public, les électeurs n’ont aucun moyen de savoir :
- quelles sont les vraies priorités parmi la longue liste de projets,
- ce qui sera fait en année 1 versus en année 6 du mandat,
- combien coûte chaque engagement et qui paie.
Les rendez-vous de quartiers seront donc l’unique espace de déclaration informelle.
Ce sont ces réunions qui révéleront les intentions réelles derrière le programme écrit — notamment sur les sujets sensibles comme les commerces « créateurs de tensions sociales », le site Bourdon, ou le nouvel espace culturel.
Nos questionnements sur le dico des promesses :
Le dico des promesses ».
« Vigilance sur… » = Nous n’avons pas le pouvoir de décider, mais nous regarderons ce qu’il se passe.
« Réflexion sur… » = Le projet n’est pas encore financé, c’est une piste de travail.
« Poursuite de… » = C’est ce que nous faisons déjà, il n’y a pas de changement majeur.
1. Le curseur « Concertation » :
Réalité ou méthode de report ?
Le tract mentionne la concertation pour : la Place du Fort, la Place de la Paix, la Place Fournier, le nouvel espace culturel, et les opérations de logements (Chapelles, Pré-Filliat).
Le piège : La concertation est une excellente intention, mais elle peut aussi servir à retarder des décisions difficiles.
Notre question : « Si la concertation des riverains s’oppose à un projet (ex: densité des logements ou sens de circulation), la liste MANDON s’engagera-t-elle à suivre l’avis majoritaire ou restera-t-il consultatif ? »
2. L’équation financière : Le « Grand Écart »
Le programme aligne des investissements lourds (Espace culturel, rénovation énergétique, forêt urbaine, vidéo-protection) tout en promettant des « finances maîtrisées ».
Le paradoxe : Sans chiffrage, il est impossible de savoir si ces projets nécessiteront un emprunt massif ou une hausse de la fiscalité locale.
Notre question : « Quel est le coût estimé du futur espace culturel près du square Hessel et quelle part de subventions est réellement garantie à ce jour ? »
3. Urbanisme : Le défi de la densification
Le texte parle de « logements de qualité » (Chapelles et Pré-Filliat) tout en prônant la « végétalisation ».
L’enjeu : Aulnat est une commune contrainte géographiquement. Chaque nouveau logement réduit potentiellement les zones de pleine terre.
Notre question : « Quelle sera la densité de logements (nombre de logements par hectare) sur les zones Chapelles et Pré-Filliat ? Quid de l’emplacement de l’ancienne école Vercruysse ? Pas un mot, c’est lamentable. Ils veulent y placer un immeuble ou des maisons individuelles au détriment d’un super espace vert végétalisé et arboré. Toujours du bêton ! au détriment de notre cadre de vie et des futures problèmes de réchauffement climatique ! Vue à court terme. Ils prennent une lourde responsabilité face aux générations futures.
4. Sécurité et Services : L’amplitude horaire
Le programme propose une « médiation de rue » et une « brigade VTT ».
Le détail qui change tout :
Le bureau des policiers municipaux est ouvert pour les Aulnatois que les après-midi. Nous avions demandé la création d’un poste de secrétaire dans la matinée pour un véritable service à la population. On voit qu »ils n’en ont pas tenu compte.
L’efficacité d’une police municipale ou d’une médiation dépend de quand elle intervient.
Notre question : « La brigade VTT et la médiation estivale fonctionneront-elles en soirée et le week-end, moments où les nuisances sont généralement les plus fortes ? »
